Regard citoyen sur l'actualité
Lectures critiques et subjectives

lundi 25 février 2013

Publication de mon nouveau roman aux éditions Myriel


Publication du Janus et les lâches, mon nouveau roman.



La quatrième de couverture est celle-ci:
Les affres ou les charmes de l’époque et du temps pèsent sur Collebeuville, petit village de Normandie. 1968 vient de commencer dans ce morceau de France tour à tour chimérique et oublieux des leçons de l’avenir.

Et alors que la grande histoire se précipite, alors que les mouvements sociaux se multiplient avant la grande déflagration de mai, on discute et on palabre à Collebeuville. Attablé au café du village on refait le monde ; on s’interroge sur le sens qu’on lui attribue.
Il y a là Mado, grand-mère humaniste ; Irène, mère soucieuse à l’excès ; monsieur Jambert, maire du village en deuil de la mort de son fils depuis un quart de siècle. Il y a aussi Gaétane, la belle-fille jalouse de monsieur le maire ;  monsieur Colette ; le père Etorre ; Francis et son frère Roméo ; Josiane, femme à la bonté souvent prise en pitié.
Et tout autour de cette engeance insouciante il y a Bastien, Enfant polisson qui les sauvera tous.
Car, paradoxalement, c’est à cet être pur que reviendra la responsabilité de sauver le village de la terrible revanche qu’un homme fou, Janus subtile, fomente contre lui. 




lundi 18 février 2013

L'immonde tentation (10/10)


Publication d'une nouvelle inédite en dix billets (...)


Il tressaute un peu puérilement sur la petite chaise sur laquelle il est assis. Il tient sa revanche. D’une magnifique frappe il vient d’égaliser au score. Bruno enfonce presque honteusement sa tête dans les épaules devant ce qui est pour lui une déception.
« Bof t’as eu d’la chance », dit-il à son frère.
« Non c’est la talent ça nono. Tiens regarde le petit ralentit qui passe. Hop hop Cristiano qui dégage ton vieux Seydou Keita. T’as Puyol qui va essayer de me la prendre, et hop la petite passe pour le petit Ozil avec ses gros yeux. Et boum but pour le Réal. »
Derrière eux leur mère fait tourner dans sa main le manche de sa petite hache. Elle pense, ainsi, ne pas être prise au dépourvu d’une mauvaise prise en main de son arme. Son regard est fixe et rempli d’une haine incompréhensible. Elle croit sincèrement que ces deux êtres frêles se chamaillant sont à abattre ici et maintenant.
Son visage s’enlaidit d’une immonde grimace lorsqu’elle lance contre le premier de ses fils la lame aiguisée de son arme. Elle a visé la nuque de Christophe en premier.
Ici commence son crime déjà long des quelques dix minutes de folie qui l’ont précédé.

Fin

lundi 11 février 2013

L'immonde tentation (9/10)


Publication en dix billets d'une nouvelle inédite...


Tout près d’elle on respire la joie de vivre et l’insouciance, et pourtant Mathilde prend encore ses hallucinations pour la réalité. Ces voix enfantines loin de l’attendrir ne font qu’exacerber sa folle schizophrénie.
Entre les deux frères la partie a repris. A qui pourrait regarder de plus près le visage de Christophe s’imposerait, d’évidence, le constat d’un enfant revanchard. Son frère, Bruno, chantonne des petits « holé, Barca » très tauromachiques à chacune des passes qu’il réussit à accomplir. Face à cette provocation Christophe enrage, symbolisant sa colère par d’immonde rictus de colère qu’il dessine en se tordant la bouche.
Et elle qui croit encore que l’éradication de ses enfants saurait constituer une éventualité à laquelle il faut céder. Elle a parcouru deux ou trois mètres plus en profondeur dans le salon depuis qu’ils se disputent presque tendrement. Dans son emprunt et sa gestuelle elle ressemble à un robot exécutant un ordre. Ce qui devrait suivre derrière cette succession de pas la perdant c’était qu’elle se voit intimer l’ordre d’armer sa posture. C’est bientôt chose faite, Mathilde brandit son couteau de boucher au dessus de la tête. Christophe se met à hurler. 

lundi 4 février 2013

l'immonde tentation (8/10)


Publication en dix billets d'une nouvelle inédite...



Bien souvent leurs paroles ne cherchent qu’un seul interlocuteur : cet autre gémellaire que chacun sait avoir. Combien de fois Mathilde les a-t-elle surpris en train de parler une sorte de langage qui leur est propre ?
L’écran se met brusquement à hurler et Mathilde, hypnotisée par ce qui l’obsède avance encore et encore vers eux. Bruno lâche sa manette sans trop qu’elle puisse y comprendre grand-chose. L’écran s’est comme figé tout de suite après ces drôles de cris. Bruno lève les bras, faisant avec ses doigts des V de la victoire.
« Oh celui là tu l’as pris en pleine lunette Chris. Tiens, tiens regarde le ralenti qui défile sur l’écran tu comprendras c’est quoi le talent ! », Nargue-t-il son frère.
« T’as eu de la chance c’est tout. Ch’uis sûr que t’as pas fait exprès. »
« Quoi t’es fou, c’est Damien qui m’a montré comment on faisait. »
Ils continuent de vivre comme si l’ombre qui les habillait n’était qu’une ombre d’orage et de clair obscur télévisuel. Ils ne voient pas, placés l’un derrière l’autre, qu’une menace à la noirceur folle s’approche immanquablement d’eux avec sa folie et sa hache pour armes.