Regard citoyen sur l'actualité
Lectures critiques et subjectives

lundi 8 octobre 2012

Parution de Ce(ux) qui reste(nt): extrait n°3


Chapitre un (suite...)

L’homme à l’image de son créateur, une affirmation interprétée, ici avec le plus rapace des bon sens. Une morale chrétienne d’apparence que l’on travestie à force d’obsession pour l’argent et la rentabilité.
A l’origine simple bourgade perdue, Hardley a su se transformer en une charmante ville à l’esthétisme urbain sans originalité. Comme pour nombre de localités américaines l’endroit est un enchevêtrement géométrique de rues et d’avenues qui toutes se croisent de façon perpendiculaire. 

lundi 1 octobre 2012

Parution de Ce(ux) qui reste(nt): extrait n°2


Chapitre un (suite...)

L’Etat d’Oregon semble involontairement devoir ignorer Salem, cette capitale sans relief. Les habitants des lieux ne font en cela qu’imiter une habitude déjà nationalement ancrée. Seule compte Portland, cette quasi grande ville qui s’acharne à donner une existence un tant soit peu extérieure aux trois millions et demi d’habitants de l’Etat.
En petite sœur docile à cette rivalité d’entre les villes, il y a, installée à quelques quatre-vingt-dix kilomètres au Sud de Salem, la ville de Eugène.
La région est habituée aux rumeurs venant du nord de l’Etat. Leurs échos se répandent facilement sur les quatre-vingt-trois kilomètres séparant Eugène de Hardley, petite commune de l’Ouest à la proximité côtière d’apparence. L’énorme massif forestier au pied duquel elle peine à imposer l’existence de ses trente-cinq-mille âmes donne, en priorité, à la ville l’image d’une cité cherchant à se cacher au milieu des arbres.
A Hardley le bonheur de vivre a prétendument cessé d’être parmi les secrets les mieux gardés de l’existence. Ici les étrangers sont rares et intrusifs. Lorsque l’un d’entre eux vient à se présenter on l’accueille avec une politesse de pure utilité. C’est que derrière la contrition de l’hospitalité chacun n’oublie pas de se tenir sur ses gardes. Pour vivre libre, vivons dans la suspicion. Assurément une devise que les habitants  rabâchent sans même s’en rendre compte.
A Hardley les enfants sont presque tous frères tant il semble logique d’appeler ainsi la progéniture multiple d’une communauté fière de son endogamie rassurante.
Rien ne semble pouvoir atteindre une quiétude rarement prise au défaut d’avoir à se justifier. Les habitants d’Hardley n’y peuvent rien, ils se pensent bénis devant Dieu du moindre de leurs actes.