Regard citoyen sur l'actualité
Lectures critiques et subjectives

mardi 3 juillet 2012

Le problème Spinoza


 D.R.

Ses quatre-vingt-un ans n'y changent rien. Irvin Yalom reste un inclassable manieur de paradoxes doublé d'un pédagogue consciencieux. 
 Mondialement connu pour ses romans à la confluence de la philosophie, de la fiction et de la psychiatrie, il publie ces jours ci un étonnant livre sur Le Problème Spinoza, comme on se plaît, souvent, à résumer les interrogations du penseur hollandais. 
Pour Yalom l'intention pédagogique est multiple dans ce livre. Tout d'abord tacher d'interroger la Shoah à l'aune de la réflexion spinoziste. Ensuite rompre cette culture du silence concernant la question dans laquelle, lui, en sa particularité de fils de déporté, a été élevé. Et puis après avoir visité la maison de Spinoza à Rijnsburg aux Pays-Bas, Yalom relève cet étrange paradoxe: en 1941 la bibliothèque du penseur a été confisquée par Alfred Rosenberg, "idéologue officiel" du national-socialisme.
Paradoxe troublant pour le  psychiatre émérite qu'est Yalom. A partir des mêmes idées, du même corpus de texte, l'homme peut tout aussi bien chercher à rendre l'autre meilleur (c'est la démarche de Spinoza) ou bien à le détruire (c'est celle de Rosenberg). Cette réflexion de l'un pour l'autre que l'on souhaite opposé à ceux visant l'un contre l'autre servant de fil directeur essentiel pour la réflexion de Yalom.
en tout cas après Et Nietzsche a pleuré ou encore la Méthode Schopenhauer, Yalom signe avec Le problème Spinoza un livre fascinant à lire. 

Voir le livre sur le site de l'éditeur: 








 

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