Regard citoyen sur l'actualité
Lectures critiques et subjectives

jeudi 5 juillet 2012

La vérité sur Robespierre en quelques pages

       

De nos jours ce sont Jean-François Coppé ou Laurence Parisot qui expriment leur détestation du personnage. Hier il s'agissait des thermidoriens, de Galart de Montjoie ou de Courtois. 
Mais qui peut bien susciter une haine si tenace: Robespierre forcément.
A vrais dire est-ce de la haine, de l'incompréhension ou de la méconnaissance? Disons un peu des trois!
Pour preuve: les dernières allusions appuyées de Jean-Luc Mélenchon à l'adresse de l'Incorruptible qui n'ont, au mieux, trouvé à être comprises que par une minorité de nos concitoyens. 
Car Robespierre reste une figure tutélaire de notre histoire que, pourtant, nous ne connaissons pas (politiquement parlant).
Saluons donc le dernier livre de Cécile Obligi, Robespierre la probité révoltante. Par une exégèse sérieuse et pédagogique, l'historienne nous explique tout du robespierrisme. On y découvre une pensée extrême et dense réclamant une discipline évidente pour qui veut en appliquer les préceptes. 
Mais en nous parlant de la pensée de Maximilien l'auteur a un mérite: celui de la vérité historique. Car davantage qu'une pensée Cécile Obligi relate un parcours, pouvant, par la même, resituer la vérité  sur  la question de la participation à la politique de terreur révolutionnaire. 
Et là surprise! On constate que Robespierre ne fut pas tant que ça le chantre exalté de la erreur. Obnubilé, voire même obsédé, par son culte de l'être suprême, Robespierre est à l'époque des grandes arrestations ordonnées par le Comité de Salut public un homme presque étranger à toutes ces décisions. 
Non les vrais décideurs de la chose se nommaient plutôt Saint-Just ( ça on le savait), Vadier, Barrère, Billaud-Varenne, ou bien encore Collot d'Herbois (c'est à dire tout ceux que la culpabilité supposée de Robespierre innocente).
Merci donc à Cécile Obligi pour ce livre proportionnellement tout aussi court qu'il est dense, complet et agréable à lire.


mardi 3 juillet 2012

Le problème Spinoza


 D.R.

Ses quatre-vingt-un ans n'y changent rien. Irvin Yalom reste un inclassable manieur de paradoxes doublé d'un pédagogue consciencieux. 
 Mondialement connu pour ses romans à la confluence de la philosophie, de la fiction et de la psychiatrie, il publie ces jours ci un étonnant livre sur Le Problème Spinoza, comme on se plaît, souvent, à résumer les interrogations du penseur hollandais. 
Pour Yalom l'intention pédagogique est multiple dans ce livre. Tout d'abord tacher d'interroger la Shoah à l'aune de la réflexion spinoziste. Ensuite rompre cette culture du silence concernant la question dans laquelle, lui, en sa particularité de fils de déporté, a été élevé. Et puis après avoir visité la maison de Spinoza à Rijnsburg aux Pays-Bas, Yalom relève cet étrange paradoxe: en 1941 la bibliothèque du penseur a été confisquée par Alfred Rosenberg, "idéologue officiel" du national-socialisme.
Paradoxe troublant pour le  psychiatre émérite qu'est Yalom. A partir des mêmes idées, du même corpus de texte, l'homme peut tout aussi bien chercher à rendre l'autre meilleur (c'est la démarche de Spinoza) ou bien à le détruire (c'est celle de Rosenberg). Cette réflexion de l'un pour l'autre que l'on souhaite opposé à ceux visant l'un contre l'autre servant de fil directeur essentiel pour la réflexion de Yalom.
en tout cas après Et Nietzsche a pleuré ou encore la Méthode Schopenhauer, Yalom signe avec Le problème Spinoza un livre fascinant à lire. 

Voir le livre sur le site de l'éditeur: