Regard citoyen sur l'actualité
Lectures critiques et subjectives

lundi 24 décembre 2012

L'immonde tentation (3/10)


Parution  en dix billets d'une nouvelle inédite...

Une dernière fois elle essuie sa lame, son torchon rougit un peu plus du fait de l’absorption de tout ce sang qui s’y trouvait encore. Son sourire n’est plus seulement là en signe de sérénité. Il y a maintenant bel et bien une perversité dans ses rictus terrifiants.
Elle revoit dans sa tête pour la énième fois tous ces fantasmes destructeurs qu’elle cherche à concrétiser en acte.
Que son apaisement sera grand dès lors que son sombre fantasme de mort se sera réalisé !
Toute sa folie est là dans ce mélange confus entre ce qui ne fut que le simple geste anodin d’une ménagère et tout ce qu’elle s’apprête à en tirer comme expérience assassine. Si la lucidité la frappe encore c’est uniquement de façon instrumentalisée. Ses fulgurances de réalisme ne sont déjà plus en lien avec son véritable cadre de réalité. Elle ne voit tout autour d’elle  qu’une suite d’impressions faussement sincères cherchant à la convaincre de la façon la plus factice qui soit. 

lundi 17 décembre 2012

L'immonde tentation (2/10)




Parution en dix billets d'une nouvelle inédite:


Sur le plan de travail qui lui fait face une énorme pièce de viande fraîche dresse le constat des coups violents que sa furie armée peut infliger à un simple bout de chair. Les raisons de sa sérénité inquiétante se trouvent là sur cet étale précaire, monté dans sa cuisine le temps d’avoir à découper un simple quartier de bœuf.
Pour le moment sa hache de boucher n’a pu trancher que cette victime de substitution. Elle rêve tellement d’avoir sous sa lame une chair beaucoup plus humaine qu’elle commence à tout confondre. Le plaisir destructeur d’une lame s’enfonçant dans le mou d’une masse faite de viande ne peut, pour elle, se laisser limiter par de simples considérations morales. Passer de la découpe au meurtre ne souffre d’aucune espèce de retenue. Ses fantasmes macabres agissent en sa conscience avec le plus extraordinaire pouvoir de confusion. Mathilde ferme un bref instant les yeux en guise de plein accomplissement de soi face à tout ce plaisir qui s’annonce sitôt qu’elle aura trouvé le courage de s’exécuter. 




lundi 10 décembre 2012

L'immonde tentation (1/10)



Parution en dix billets d'une nouvelle inédite (début...)

Le ciel s’obscurcit, l’orage menace, mais bizarrement Mathilde est sereine. Appliquée, le sourire aux lèvres, elle frotte avec un torchon de cuisine rose la lame tranchante d’un couteau de boucher.
Cette confusion des couleurs entre le rose pale du torchon et le rouge vif du sang qu’elle chasse a comme un effet euphorisant sur elle. Un peu à la manière d’une toile de maître vous basculant dans un autre monde par le simple renfort d’un contraste savant, Mathilde est en passe de s’inviter vers un ailleurs qui tout à la fois l’attire et l’effraie.
Le temps qui gronde dangereusement semble être un rappel extérieur à cette irrépressible colère assassine qui la manipule. A nouveau ses démons agissent en son for intérieur. Ces jeux de couleur ne furent que l’avant goût d’un carnage aux mille nuances qu’elle appelle, tristement, du fond de son inconscient malade. Cet orage qui s’avance l’incite à la plus noire des attentes prochaines. Et ce couteau de boucher luisant de ses gouttes de sang terriblement évocatrices du soulagement qui serait sien sitôt sa folie éteinte.

vendredi 7 décembre 2012

Parution de Ce(ux) qui reste(nt): extrait n°4

Chapitre Un (suite...)


Un centre ville superficiellement agité offre à ce lieu de repos l'apparence d'une impossible importance. Puérilement, chacun aime se rendre chez Larry, l’un des seuls coiffeurs de l'endroit, afin de se faire le témoin, hypocrite, des dernières confessions volées. Plus haut dans la Main Street un armurier s’enrichie sur la peur de cette communauté facilement impressionnable. Les loyers, souvent prohibitifs, sont à la mesure de ce trop plein rassurant de fausses promesses.
Mais le malheur, en s’invitant ici, allait se charger de tous les rappeler à l’ordre : on n’est épargné par la souffrance que le simple temps d’un songe à l’échelle de toute une vie.





lundi 8 octobre 2012

Parution de Ce(ux) qui reste(nt): extrait n°3


Chapitre un (suite...)

L’homme à l’image de son créateur, une affirmation interprétée, ici avec le plus rapace des bon sens. Une morale chrétienne d’apparence que l’on travestie à force d’obsession pour l’argent et la rentabilité.
A l’origine simple bourgade perdue, Hardley a su se transformer en une charmante ville à l’esthétisme urbain sans originalité. Comme pour nombre de localités américaines l’endroit est un enchevêtrement géométrique de rues et d’avenues qui toutes se croisent de façon perpendiculaire. 

lundi 1 octobre 2012

Parution de Ce(ux) qui reste(nt): extrait n°2


Chapitre un (suite...)

L’Etat d’Oregon semble involontairement devoir ignorer Salem, cette capitale sans relief. Les habitants des lieux ne font en cela qu’imiter une habitude déjà nationalement ancrée. Seule compte Portland, cette quasi grande ville qui s’acharne à donner une existence un tant soit peu extérieure aux trois millions et demi d’habitants de l’Etat.
En petite sœur docile à cette rivalité d’entre les villes, il y a, installée à quelques quatre-vingt-dix kilomètres au Sud de Salem, la ville de Eugène.
La région est habituée aux rumeurs venant du nord de l’Etat. Leurs échos se répandent facilement sur les quatre-vingt-trois kilomètres séparant Eugène de Hardley, petite commune de l’Ouest à la proximité côtière d’apparence. L’énorme massif forestier au pied duquel elle peine à imposer l’existence de ses trente-cinq-mille âmes donne, en priorité, à la ville l’image d’une cité cherchant à se cacher au milieu des arbres.
A Hardley le bonheur de vivre a prétendument cessé d’être parmi les secrets les mieux gardés de l’existence. Ici les étrangers sont rares et intrusifs. Lorsque l’un d’entre eux vient à se présenter on l’accueille avec une politesse de pure utilité. C’est que derrière la contrition de l’hospitalité chacun n’oublie pas de se tenir sur ses gardes. Pour vivre libre, vivons dans la suspicion. Assurément une devise que les habitants  rabâchent sans même s’en rendre compte.
A Hardley les enfants sont presque tous frères tant il semble logique d’appeler ainsi la progéniture multiple d’une communauté fière de son endogamie rassurante.
Rien ne semble pouvoir atteindre une quiétude rarement prise au défaut d’avoir à se justifier. Les habitants d’Hardley n’y peuvent rien, ils se pensent bénis devant Dieu du moindre de leurs actes.



lundi 24 septembre 2012

Parution de Ce(ux) qui reste(nt): extrait n°1

Chapitre un:
La pluie n’avait pas cessé d’inonder les étendues isolées de ces arpents boisés qui s’étalent à perte d’horizon dans cet endroit de confinement géographique. Pas un jour sans que la pluie ne s’impose à tout homme et toutes choses ici. Avec le temps la nature a fait sienne cette contrainte d’humidité comme l’atteste la magnificence de son  abondance végétale. Ces grandes étendues boisées sont un tel refuge d’hospitalité que les gens d’ici ont prospéré et se sont multipliés. A trop devoir à la forêt, dont ils ont fait leur fortune primaire, ils subissent avec résignation l’envahissante générosité de cet endroit fait d’ombres et de verdure.

Sur cette terre, l’empreinte amérindienne reste intacte et presque fantomatique ; un peu comme un souvenir sombre qui ne souhaite pas vous quitter. Les nombreux lacs et rivières en gardent le souvenir oral : Owyhee, The Siuslaw River, Umatilla county, The Klamath Lake ou bien encore The Umpqua River. La sonorité de ces espaces rappelle, assurément, que nous sommes sur l’ancienne terre des indiens Paiutes.
Sporadiquement le nom de quelques lacs, rivières ou forêts mêlent à cette résonnance empruntée aux langues indiennes des noms d’origine plus récente. La John Day River sert d’excroissance méridionale au fleuve Columbia qui par son débit princier irrigue généreusement tout le flanc septentrional de la vallée de la Willamette. Bien plus à l’Est la Grande ronde River rappelle la diversité des provenances dont s’enrichissait la conquête de l’ouest américain.
La capitale de cet état d’Amérique est une petite ville qui souvent se confond avec l’un des nombreux chapitres composant l’histoire de la folie humaine : Salem[1]. Ville de taille moyenne Salem est nichée entre une énorme forêt qui dévore ses flancs méridionaux et un long corridor asséché sur lequel s’avance une large route vous portant vers la ville de Portland. Plus au nord se dressent les premières étendues de l’Etat voisin de Washington.


[1] Le procès des Sorcières de Salem, auquel nous faisons ici référence, ayant eu lieu à Salem Village, actuelle ville de Danvers située dans le comté d’Essex, Massachussetts. Les deux villes devant être distinguées.


jeudi 5 juillet 2012

La vérité sur Robespierre en quelques pages

       

De nos jours ce sont Jean-François Coppé ou Laurence Parisot qui expriment leur détestation du personnage. Hier il s'agissait des thermidoriens, de Galart de Montjoie ou de Courtois. 
Mais qui peut bien susciter une haine si tenace: Robespierre forcément.
A vrais dire est-ce de la haine, de l'incompréhension ou de la méconnaissance? Disons un peu des trois!
Pour preuve: les dernières allusions appuyées de Jean-Luc Mélenchon à l'adresse de l'Incorruptible qui n'ont, au mieux, trouvé à être comprises que par une minorité de nos concitoyens. 
Car Robespierre reste une figure tutélaire de notre histoire que, pourtant, nous ne connaissons pas (politiquement parlant).
Saluons donc le dernier livre de Cécile Obligi, Robespierre la probité révoltante. Par une exégèse sérieuse et pédagogique, l'historienne nous explique tout du robespierrisme. On y découvre une pensée extrême et dense réclamant une discipline évidente pour qui veut en appliquer les préceptes. 
Mais en nous parlant de la pensée de Maximilien l'auteur a un mérite: celui de la vérité historique. Car davantage qu'une pensée Cécile Obligi relate un parcours, pouvant, par la même, resituer la vérité  sur  la question de la participation à la politique de terreur révolutionnaire. 
Et là surprise! On constate que Robespierre ne fut pas tant que ça le chantre exalté de la erreur. Obnubilé, voire même obsédé, par son culte de l'être suprême, Robespierre est à l'époque des grandes arrestations ordonnées par le Comité de Salut public un homme presque étranger à toutes ces décisions. 
Non les vrais décideurs de la chose se nommaient plutôt Saint-Just ( ça on le savait), Vadier, Barrère, Billaud-Varenne, ou bien encore Collot d'Herbois (c'est à dire tout ceux que la culpabilité supposée de Robespierre innocente).
Merci donc à Cécile Obligi pour ce livre proportionnellement tout aussi court qu'il est dense, complet et agréable à lire.


mardi 3 juillet 2012

Le problème Spinoza


 D.R.

Ses quatre-vingt-un ans n'y changent rien. Irvin Yalom reste un inclassable manieur de paradoxes doublé d'un pédagogue consciencieux. 
 Mondialement connu pour ses romans à la confluence de la philosophie, de la fiction et de la psychiatrie, il publie ces jours ci un étonnant livre sur Le Problème Spinoza, comme on se plaît, souvent, à résumer les interrogations du penseur hollandais. 
Pour Yalom l'intention pédagogique est multiple dans ce livre. Tout d'abord tacher d'interroger la Shoah à l'aune de la réflexion spinoziste. Ensuite rompre cette culture du silence concernant la question dans laquelle, lui, en sa particularité de fils de déporté, a été élevé. Et puis après avoir visité la maison de Spinoza à Rijnsburg aux Pays-Bas, Yalom relève cet étrange paradoxe: en 1941 la bibliothèque du penseur a été confisquée par Alfred Rosenberg, "idéologue officiel" du national-socialisme.
Paradoxe troublant pour le  psychiatre émérite qu'est Yalom. A partir des mêmes idées, du même corpus de texte, l'homme peut tout aussi bien chercher à rendre l'autre meilleur (c'est la démarche de Spinoza) ou bien à le détruire (c'est celle de Rosenberg). Cette réflexion de l'un pour l'autre que l'on souhaite opposé à ceux visant l'un contre l'autre servant de fil directeur essentiel pour la réflexion de Yalom.
en tout cas après Et Nietzsche a pleuré ou encore la Méthode Schopenhauer, Yalom signe avec Le problème Spinoza un livre fascinant à lire. 

Voir le livre sur le site de l'éditeur: 








 

mardi 26 juin 2012

La guerre d'Espagne vue du camp des sacrifiés


 Ma guerre d'Espagne - Sygmunt Stein

En 1961, Sygmunt Stein, un ancien brigadiste de la guerre d'Espagne raconta sa guerre d'Espagne. Celle d'un simple troufion du camp républicain pourrait-on dire. Il y narre les débordements de violence et de débauche des chefs communistes de la révolution espagnole, pour, in fine, nous donner à voir l'ampleur de la terreur et de l'injustice qui régnait alors dans le camp des antifranquistes.
Pour preuve cette scène se passant à Albacete en 1937 où les Brigades internationales ont posé leur quartier général. Stein y décrit les montagnes de victuailles et de champagnes qu'ingurgitent les chefs communistes alors que sur le front, les simples combattants, comme lui, manquent de munitions et de médicaments. 
Les femmes sont également là; nombreuses, lascives et belles venues des quatre coins du monde pour défendre la cause anti fasciste. 
Ce que nous propose Stein n 'est en rien un reniement mais le constat d'une nostalgie. Celle d'un homme qui en regardant la trahison de son idéal pour ceux qui étaient censés le servir comprend en grande partie les raisons  de la victoire finale du franquisme à la fin de la guerre civile. 
Instructif et fascinant ce livre témoignage est lumineux de sobriété et de pudeur matinée d'amertume. En finissant de le lire on est vient à être bouleversé par le sacrifice de ces hommes trahis par ceuxqui devaient les commander.

Voir le livre sur le site de l'éditeur: 

jeudi 31 mai 2012

Le dernier amour d'Arsène Lupin ne sera pas le meilleur


Le Dernier Amour d'Arsène Lupin


Les éditions Balland propose un bien malheureux inédit des aventures d'Arsène Lupin, écrit par Maurice Leblanc lui même: Le dernier amour d'Arsène Lupin. Bien malheureux car on a connu l'auteur plus inspiré, mais surtout plus en possibilité de l’être. Et c'est bien ce qui choque dans ce livre: Maurice Leblanc lui même ne l'aurait certainement pas fait paraitre en l'état. D'où de légitimes questions concernant cette publication bien opportune.
Rapidement donnons à expliquer le comment à cette rareté. Un inédit de Leblanc pensez donc! Ça se trouve où ça? Et bien sur les hauts de placard forcément.
Ecoutons Florence Boespflug en introduction du livre:
"Les hauts de placard recèlent parfois des trésors oubliés. C'est ainsi que j'ai retrouvé, sans le chercher, ce roman sorti de l'imagination de mon grand-père Maurice Leblanc..."
L'histoire est elle même est tout à la fois  riche et frappée du sceau de la déception amoureuse pourrait-on dire. Celle d'un auteur, Maurice Leblanc, ne sachant pas comment se débarrasser du personnage de fiction qui l'a rendu célèbre. 
Il met ainsi en scène un Arsène Lupin nouvellement père et qui contrairement à ce qu'il avait fait dans le passé par deux fois décide de s'occuper pour de bon de son enfant. Nous sommes en 1920 et Arsène Lupin n'en a pas finit avec ses identités multiples. Tour à tour capitaine André Savary ou capitaine "Cocorico" le voilà en "éducateur" de rue grimé en Jules Ferry pour les gamins déshérités de la "zone" de Julainville. 
Pour mener à bien ses ultimes péripéties le grand Arsène ira jusqu'à se faire passer pour un urbaniste.
Mais problème avec ce roman: Leblanc l'avait écrit au cours de l'été 1936 en vue d'une publication en feuilleton à paraitre dans le journal l'Auto. Mais une congestion cérébrale l’empêcha de retravailler son texte comme il aurait souhaiter le faire. 
D'où un texte certes riche et étonnant de réalisme (on y croise par exemple un Napoléon criant de réalisme), mais qui peine à emporter l'adhésion tant lui manquent les ultimes corrections et ajouts que son auteur n'a pas eu le temps de lui apporter. 
C'est un peu en cela qu'il méritait peut être de rester sur le haut de son placard.  



Lien vers le site de l'éditeur: 

mardi 29 mai 2012

Etats-Unis quand la justice dérape: un livre réquisitoire




Correspondant de l'Express aux États-Unis, Philippe Coste livre un descriptif effarant des dérives du système judiciaire dans son dernier livre: États-Unis quand la justice dérape.
 Un homme condamné à la perpétuité pour avoir volé des piles, un autre subissant le même sort du fait de s'être rendu coupable d'un vol de pizza. Ou bien encore l'histoire de ce SDF enfermé à vie pour avoir dérobé un ...vélo. Et à chaque fois l'arsenal juridique sollicité est toujours le même: cette fameuse loi dite du "tree strikes and out", en référence, surement, à la passion américaine pour le Baseball.
Résumé à gros trait le principe est simple tout autant que régressif. Si l'on est condamné à trois reprises et en moins de 18 mois à trois crimes faisant partie d'une liste prédéfinie on encoure la sanction maximale, et ce qu'importe la gravité du troisième crime. 
Loi votée sur une initiative populaire dans les nombreux États où elle existe, celle ci illustre les dérives sécuritaire d'un pays que plus rien ne choque lorsqu'il s'agit d'intransigeance judiciaire. 
Résultat des courses: il y a aux États-Unis près de deux millions et demi de prisonniers, soit un pourcent de la population en prison. 
Record mondial et problème de société flagrant. Car autant de prisonniers c'est à coup sûr l'impossibilité de recouvrir leurs droits civiques pour beaucoup d'entre eux. Ce qui ajouté à l'abstention réduit d'autant le nombre d’électeurs ayant, de fait, voté pour qui les gouvernent. 
C'est peut être pour cela que ni Clinton et encore moins Obama n'ont pris le pari de prôner le changement sur ce terrain là. Que dirait-on d'un président prétendant en finir avec le business des prisons et le délire sécuritaire qui caractérisent le pays? Par prudence aucune personnalités politique d'envergure nationale n'a, aux États-Unis, pris le pari d'une telle audace.
En attendant la machine judiciaire américaine se charge, jour après jour, d'alimenter le complexe pénitentiaire. Quitte à réclamer pour cela la complicité, parfois involontaire, des juges avouant eux mêmes trouver certaines de ces lois parfaitement ridicules.

lien vers la page auteur sue fnac.com: 

http://livre.fnac.com/a3722896/Philippe-Coste-Etats-Unis-quand-la-justice-derape

Sur amazon:

http://www.amazon.fr/Quand-justice-d%C3%A9rape-Philippe-Coste/dp/2843438519

jeudi 24 mai 2012

un livre pour la mémoire:L'infamie, le procès de Riom, février-avril 1942


 


Dans son dernier livre, L’infamie, le procès de Riom, février-avril 1942, Jean-Denis Bredin éclaire une page d'histoire sombre et qu'il serait pourtant bon de méditer:  Le procès de Riom.
C'était entre février et avril 1942. Le régime de Vichy s'était mis en tête de juger les "responsables de la défaite", comme on les appelait.
En tête de file on trouvait des accusés célèbres: Léon Blum et Édouard Daladier. But suivi derrière cet acharnement judiciaire sans légalité: enfin juger la République, ou la "gueuse" comme les vichyssois la surnommaient dédaigneusement. Le ramassis de réactionnaires qui tenait les rênes du pouvoir à ce moment là pensait ainsi honorer le plus symboliquement possible leur esprit de revanche que cette défaite surprise les autorisait à assouvir.
Très mauvaise idée, comme souvent à pareille époque, car ce que les caciques de l’État français n'avaient pas prévu c'était que les accusés se défendraient avec intelligence, force et arguments.
Du procès à charge contre la République le procès de Riom devint celui des responsables de la défaite que Vichy abritait, à commencer par Pétain lui même.
Colère du maréchal devant ces accusations, et coup de sang d'Hitler lui même qui exigea la suspension définitive du procès.
Jean-Denis Bredin nous en livre une analyse brillantissime d'objectivité, de densité et d'exhaustivité à travers son livre: L’infamie, le procès de Riom, février-avril 1942.

Le livre sur le site de l'éditeur:

http://www.grasset.fr/Grasset/CtlPrincipal?controlerCode=CtlCatalogue&requestCode=afficherArticle&codeArticle=9782246784234&ligneArticle=0

jeudi 17 mai 2012

On parle de moi sur le net


Présentation de mon parcours et de ma production sur le blog des éditions Myriel:

Lire la présentation en ligne:

http://blogmyriel.blogspot.fr/   (voir à la date du mardi 15 mai 2012)

Un peu d'autosatisfaction

calendrier des publications à venir


Deux nouveaux romans a paraître aux éditions Myriel

1) L'enfant fugace, sortie en septembre 2012
2) Le roman de mai (titre provisoire), sortie prévue en janvier 2013

Attention il s'agit de dates prévisionnelles

mardi 15 mai 2012


 Actes sud


Fiche de lecture

Auteur: Eric VUILLARD

Livres: Congo et La bataille d'occident

Editeur Acte Sud


Congo

Eric Vuillard est un écrivain tout aussi discret que talentueux. Après Le chasseur (1999) qui le fit remarqué et le très exhaustif Conquistador (2009), Vuillard revient avec, de nouveau, l'envie de nous inviter au voyage...historique. 
Par deux courts romans publiés aux éditions Acte Sud, il montre les jeux diplomatiques et historiques qui ont présidé au découpage de l'Afrique et à la montée en puissance de l'Allemagne bismarckienne à la fin du XIXème en Europe.
Congo, tout d'abord, où Vuillard plante le décor de la conférence de Berlin de 1884 au cours de laquelle l'Europe se partage l'Afrique. Bismark, plénipotentiaire chancelier impérial d'Allemagne, y a convoqué treize des nations les plus âpres au gain. Tout y est des décors post-rococo du palais Radziwill à l'esprit carnassier des français tout ça mâtiné par un brin de fourberie du représentant belge. 
Au final on découvre l'envers du décor colonisateur: cette volonté sourde de nier l'existence même des pays qu'on se partage. Car si le Congo existe bien sur le papier et dans la tête de ses dépeceurs , il n’existera que là.
 
 La bataille d'Occident
Dans son autre livre La bataille d'Occident Vuillard poursuit dans cette même veine dénonciatrice. Mais plus question du simple partage du trésor africain. Ici on parle des suites guerrières que cette volonté de partage du monde a occasionné en Europe. Car toute la première guerre mondiale était déjà là en cette fin de XIXème siècle. Obsédés par toujours plus de puissance les pays européens étaient appelés à devoir s'affronter directement et non plus par appropriations coloniales interposées. Dès 1905 l'Allemagne possède son plan d'attaque de la France. L'étincelle sera certes l'assassinat de Sarajevo, que Vuillard traite sous l'angle du sort tragique que connu Sophie Chotek, princesse morganatique d’origine tchèque snobée toute sa vie durant par les Habsbourg d'Autriche. 
Après le reste, ce jour du 22 aout 1914 au cours duquel meurent 27000 hommes, le Chemin des Dames, la der des der, appartiennent à la grande histoire maintes fois racontée.




Paris et son anecdotique


 

 Fiche de lecture

Livre: Une histoire de Paris par ceux qui l'ont fait

Auteur: Graham Robb

Éditeur: Champ Flammarion

Graham Robb est un historien talentueux et nous le savions. Et il fallait un tel talent pour s'atteler à la tache hautement complexe à laquelle il se voue dans son dernier livre: Une histoire de Paris par ceux qui l'ont fait.Se focalisant sur la période courant entre la Révolution et nos jours l'historien y recense toutes ces petites anecdotes constellant la micro histoire des grands acteurs politiques ou intellectuelles qui ont fait Paris à son image et selon sa légende.
 De Hitler remontant l'avenue de l'Opéra à la fuite pour Varennes du couple royal en 1791 on croise tout le monde ou presque. Proust s'invite également de même que de Gaulle, Vidocq, Bonaparte, Gambetta ou Gréco. 
Ballade érudite et plaisante à l'image des derniers livres de l'auteur, ce livre, élu meilleure livre d'histoire de l'année 2011 par le magazine Lire vaut incontestablement le détour.

Lien vers le site de l'éditeur: http://editionsflammarion.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=41917&levelCode=sciences

mercredi 9 mai 2012

 


Fiche de lecture

Tiotre: Kerouac et la Beat Generation

Auteur: Jean-François Duval

Editeur: PUF

C'est à un vrai travail d'histoire intellectuelle à mi chemin entre l'histoire littéraire et l'analyse sociologique que se livre l'auteur. Car rappelant que Sur la route, le livre culte de Kerouac, confine "bien moins (à l') évènement littéraire (qu'au) phénomène sociologique3, Duval prend garde de ne pas tout confondre.
Poursuivant sur un thème qu'il avait déjà traité dans son Buck et les Beat: essai sur la Beat Generation, sorti en 1998, l'auteur fait parlé dans ce nouveau livre de nombreux témoins de l'époque afin de définitivement cerner, ou presque, la figure majeure et tutélaire de la Beat Generation: Jack Kerouac.
Il en ressort un livre dense, abondamment étayé et surtout terriblement confondant dans ses conclusions. 
Car ce que montre Duval c'est bien toute la postérité, pas toujours consciente, que la contre-culture continue d'avoir sur notre époque, en particulier en Europe.

Aller sur le site de l'éditeur: 



mercredi 2 mai 2012

 

Fiche de lecture

 Titre; Olympe de Gouges

Auteur: Catel Muller et José-Louis Bocquet

Editeur: Casterman

Notre avis:
Très belle initiative que cette BD. Beaucoup de personnes pourront ainsi en apprendre sur l'une des pionnières du féminisme français. Olympe est, en effet, à Etta Palm d'Aeder, Claire Lacombe où quelques artisanes sans-culotte de la Révolution française de celles qui ont fait exister la question des femmes à la fin du 19ème siècle. 
Olympe, fille batarde d'un noble "détrousseur de domestiques" fut d'entre toutes la plus ouvertement victime de misogynie. Fustigeant l'hypocrisie des révolutionnaires, rédigeant dès 1791 une "déclaration des droits de la femme", elle fut accusée à maintes reprises d'hystérie et de folie. Accusations fréquentes à l'époque lorsqu'on souhaitait discréditer les revendications politiques d'une femme. Anti-robespierriste, un temps soupçonnée de dantonisme, elle refusera la violence des hommes de son époque, jusqu'à finir sur l'échafaud et s'y comporter avec infiniment plus de courage qu'un Robespierre larmoyant.
Remercions donc les éditions Casterman de nous faire découvrir si ludiquement une tel personnage injustement oublié, aujourd'hui.

Voir le livre sur le site de l'éditeur:
http://bd.casterman.com/albums_detail.cfm?id=41371

 
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Fiche de lecture

Titre: Les décisions absurdes II

Auteur: Christian Morel

Éditeur: Gallimard

Notre avis:

Saluons le nouvel opus de Christian Morel, Les décisions absurdes II. L'auteur, sorte d'autodidacte sociologue ou "sociétologue", nous y livre le descriptif de tous ces petits facteurs d'absurdité qui mènent, bien souvent, à de véritables fiascos. Alternant entre le léger et le grave, Morel fait l'inventaire de tous ces excès d'autorité ou de précaution qui, parfois, mènent tout droit vers l'incongru, au mieux, ou vers la catastrophe, au pire.
De ces deux pilotes qui par abus de précaution tournent tellement en l'air avant d’atterrir qui finissent par s'écraser par manque d'essence à ce capitaine de supertanker qui par obsession du code maritime finit par aller percuter un autre bateau, on trouve de tout dans ce livre.
Le précédant opus, Les décisions absurdes. Sociologie des erreurs radicales et persistantes, était certainement plus explicite quant à la méthodologie employée par l'auteur à travers cette cascade de non-sens. Car pour lui il s'agit bien de procéder à une quasi sociologie, tantôt cognitive tantôt purement pratique, de ces drôles de décisions. 
Mais évolution par rapport au premier opus: la volonté cette fois ci de chercher à savoir comment "éviter" ces décisions aberrantes. 
On ne sort pas de l'esprit fin et bourré d'humour du premier tome, fort heureusement, mais on se met, cette fois-ci, à mieux esquisser jusqu'où l'incongruité des choses est prononcée à travers ce nouveau biais réflexif. 
A lire assurément.

Voir le livre sur le site de l'éditeur:
 http://www.gallimard.fr/Vient_de_paraitre/gallimard-cgi/appliv1/ind_ouvrage?ouvrage=0010072125007203703320000

Voir la présentation du livre sur le blog de l'auteur:
http://christian.morel5.perso.sfr.fr/

jeudi 26 avril 2012



Lire le portait de Clément Hemmelrich, jeune auteur des éditions Myriel:

Vanité ou simple précaution, mais derrière Clément Hemmelrich se cache un jeune auteur parti chercher son nom de plume dans l’œuvre de Camus ; pour ce qui concerne le prénom, et dans celle de Malraux pour ce qui est du nom. Diplômé de lettres, de philosophie et d’histoire contemporaine, Clément Hemmelrich entend chercher à décrypter le monde d’aujourd’hui grâce aux enseignements du passé Auteur d’essai et préfacier il situe l’essentiel de ses écrits dans le champ de la réflexion d’idées. Né en 1983 et travaillant dans la publicité avant de se consacrer à écriture, il est un auteur éminemment prometteur. Exclure et intégrer est le premier essai qu’il fait paraitre.



Découverte éditions Myriel: Exclure ou intégrer de Clément Hemmelrich:

Lire la 4ème de couv. du livre: 
La question de l’exclusion des droits politiques de certains pans de population a animé les débats révolutionnaires dès le début de la Révolution française. Et loin d’être simple, sauf à être manichéen, le débat est resté d’une étonnante actualité.
Car ce que nous montre Clément Hemmelrich c’est que l’interrogation dépasse la simple opposition entre bénéficiaires et réclamants de droits politiques. Davantage que cela le débat s’est peu à peu transformé en deux questions :
Qui exclure ou intégrer en vue d’assurer une légitimité à gouverner pour soi et pour « sa classe » ?
Et qui exclure et intégrer au regard de ce que nous impose de penser notre propre vision de ce qu’est l’acte politique en révolution ?
Ultime question qui en amène une dernière : comment penser la question de l’exclusion au regard de ce que sont les qualités à exiger de la part de tout représentant éventuel de la souveraineté nationale ?
Assurément le débat reste ouvert.

Lire notre Avis: 
Le travail documentaire et réflexif auquel s'est livré Clément Hemmelrich pour écrire ce livre est extraordinaire. Allant chercher dans les archives parlementaires ou au sein de cette "bohème littéraire", telle que la qualifie Robert Darnton, Clément Hemmelrich restitue l'ensemble des arguments ayant été avancés sur les questions des différentes exclusions politiques pendant la Révolution française (exclusion des femmes, des pauvres, des juifs, des noirs, des mulâtres). Il en ressort une étonnante symétrie de préjugés et de faux-semblants entre les partisans de leurs exclusions et les défenseurs de leurs assimilations. 
Des deux cotés on se montre misogyne, raciste, élitiste ou "antijudaique", voire antisémite. Preuve d'un discours assimilationniste au nom de l'universalité qui ne se démarque qu'avec difficulté ou artifice des discours d'exclusion qui lui répondent.
UNE CONCLUSION QUI, DE NOS JOURS, S’AVÈRE DE LA PLUS CRIANTE DES VÉRITÉ AU SEIN D'UN CORPS SOCIAL FRANÇAIS FRACTURÉ PAR LES OPPOSITIONS ENTRE UNIVERSALISME ET PARTICULARISME OU BIEN ENCORE ENTRE DROIT A LA DIFFÉRENCE ET DIFFÉRENCE DES DROITS;
C'est cette étonnante actualisation possible des conclusions auxquelles arrive Clément Hemmelrich qui est la très grande réussite de ce livre concis, brillant, ambitieux et convaincant.



Présentation de mon parcours sur le site des éditions Myriel:

Grégory VUIBOUT est un jeune auteur de romans, de nouvelles, d’articles et d’essai. Né en 1978 dans la banlieue parisienne, il a d’abord suivi des études d’histoire avant de s’orienter vers un cursus de droit public et de sciences politiques. Las de ne pas pouvoir lire ce qu’il rêvait de se voir confier il décide finalement de pleinement se consacrer à l’écriture après un passage de quatre ans dans l’édition. Ce(ux) qui reste(nt) est son premier roman après la publication d’un recueil de nouvelles qui s’intitulait Une adolescence assassine

Lien vers le site des Edition Myriel:  http://www.edition-myriel.com/