Regard citoyen sur l'actualité
Lectures critiques et subjectives

mercredi 23 novembre 2011

Spinoza et l'amour


Spinoziste inclassable et fascinant, Bernard Pautrat passe avec ravissement, pour ses lecteurs, à l’écrit. Professeur de philosophie quasi légendaire, Pautrat donne tous les mardi matin un cours à la rue d’Ulm (salle Cavaillès) sur Spinoza depuis 1991. Enseignant à l’ENS depuis 1962, cet ancien favori de Derrida, passe pour l’un des plus extraordinaires enseignants de philosophie qui soit. Rare dans le domaine de l’écriture, eu égard à son encyclopédisme ; il fait paraitre aux éditions Payot un livre détonnant en lien avec la philosophie du « prince des philosophes » (comme Deleuze surnommait Spinoza).
Ce livre au titre évocateur (Ethica sexualis, Spinoza et l’amour) se donne pour tache de battre en brèche les idées reçues en ce qui concerne l’ascétisme implicite parcourant l’œuvre de Spinoza.
Car de fait Ethica sexualis… est bien un livre sur les liens étranges et gênés que Spinoza avait avec la sexualité et l’amour. La question, ancienne et maintes traitée est pourtant connue : quelles conciliations opérées entre le règne de la raison, que professe la philosophie, et l’exultation des corps, qu’incarne l’attrait amoureux ou sexuel. On pouvait s’attendre de la part de Spinoza, qui reste l’un des plus subtiles conciliateur de la raison et des passions, à une prise de position claire, et pourquoi pas définitive, sur la question.
N’est-ce pas Gilles Deleuze lui-même qui qualifia Spinoza de philosophe de la joie en opposition avec les passions tristes ?
Et pourtant, étrangement, rien, ou si peur de choses, sur la question dans l’œuvre du génial philosophe hollandais.
Car pour Spinoza la sexualité semble être un tabou qui lui coute à la prononciation, voire à la théorisation. C’est le premier constat qu’opère Pautrat dans ce livre, avant de, méticuleusement, aller chercher dans l’Ethique tout ce qui traite de la question de l’amour et/ou de la sexualité.
On y découvre en quelque sorte l’homme derrière le philosophe de génie. Celui d’une déception amoureuse précoce pour sa professeure de latin, Clara Maria, et qui peut être tirera de cette détresse les raisons à sa méfiance, teintée de pruderie, pour tout ce qui concernait l’amour et ses passages à l’acte si contraires à son idéal de béatitude.

Le livre sur Amazon, chapitre et la fnac:





Quelques critiques du livre:





Le livre sur le site de l'éditeur:

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