Regard citoyen sur l'actualité
Lectures critiques et subjectives

vendredi 9 septembre 2011

UMP, jusqu’ici rien ne va plus !

L’actualité récente l’atteste : l’UMP montre chaque jour un peu plus des signes de très graves lézardes internes. A tel point que pourrait s’inverser la logique de division interne profitable au camp opposé qui, tant de fois, fut le propre du parti socialiste. Mais à vivre ainsi l’UMP prend certes le risque de la défaite pour 2012, mais elle atteste, surtout, d’un échec à exister en tant que parti viable de plus en plus patent.

Les récents propos de Pierre Charon au sujet de Chantal Jouanno ont créé la polémique non pas tant pour ce qu’ils contenaient de violence propre à la l’acte politique que pour ce qu’ils sous-entendaient de graveleux ou de malhonnête.
Mais derrière les propos « d’un mec bien et drole qui a, sur ce coup là, été trop loin », comme le dit Eric Raoult, se cache un malaise bien plus profond : celui des divisions de plus en plus béantes à l’intérieur de l’UMP.
Car Charon tenait ses propos en réponse à la liste dissidente qu’il présente à Paris pour les prochaines sénatoriales.  Cette option répondant à l’initiative du sénateur sortant des Hauts-de-Seine, Jacques Gautier, lui aussi momentanément exclue de l’UMP pour avoir monté une liste dissidente dans son département.
Il y a moins de quatre mois certains des plus modérées du parti, Rama Yade et Yves Jégo, s’excluaient du parti pour se lancer dans la vraie-fausse velléité d’indépendance de Jean-Louis Borloo.

Un parti en prise avec ses divisions internes

Preuve d’un UMP accélérant sa déliquescence sous les prises de position de plus en plus droitière de son secrétaire générale Jean-François Coppé. Les failles sont devenues tellement nombreuses qu’on peut même voir, de l’extérieur, les différentes forces en présence à l’œuvre dans cette guerre civile, sourde et violente, qui se déchaine chaque jour un peu plus.
D’un coté la frange conservatrice dite « populaire » qui rejoignent souvent les « copéistes » de « Génération France ». Face à eux des franges moins droitières qui se piquent d’un peu de social et d’humanisme. Citons, par exemple, Xavier Bertrand ou François Fillon, mais citons surtout les jeunes loups que sont Laurent Wauquiez et Nathalie Kasciusko-Morizet.
Penchant pour les rivalités, le débat et l’affrontement des idées propre à n’importe quel parti ? Oui, à coup sûr. Mais, en ce qui concerne l’UMP il s’agit surtout d’un retour du refoulé et d’un rappel à l’évolution inéluctable des choses.
Le refoulé c’est celui d’un parti dont Nicolas Sarkozy lui-même ne voulait et qu’il a fini par prendre en main pour l’instrumentaliser à son propre avenir. Retirez à l’UMP le contexte possible de son unité ; c’’est à dire le cadre d’une campagne électorale où il faut faire triompher le chef, et le parti se retrouve comme contraint d’exister à vide. Preuve d’une suite de tensions à l’UMP au moins autant le fait des jeux d’égo que du fait d’être à quatre ans de leur dernière victoire présidentielle et à un an de la prochaine élection.
L’inéluctable c’est celui d’un parti construit en réponse aux divisions inhérentes de la droite française, tel que René Rémond l’avait théorisé. Mais l’inéluctable c’est aussi les conséquences de la gestion du parti par l’actuelle direction. Jusqu’à très récemment la ligne idéologique du parti convenait à toutes les tendances ; qu’elles soient libérales, radicales, centristes, voire « néo-gaulliste ». Entente que la ligne coppéiste, obsédée par son affrontement avec Fillon et la présidentielle de …2017 semble ne plus tenir pour impérative.
En attentant le FN attend, tapi dans l’ombre, l’explosion de la droite pour tacher de récupérer les éléments les plus droitiers et « fn-compatibles » de l’UMP. C’est en tout cas le grand espoir de Bruno Gollnich et Marine Le Pen.


Grégory VUIBOUT le 08-09-2011

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