Regard citoyen sur l'actualité
Lectures critiques et subjectives

vendredi 9 septembre 2011

Candidature Aubry : un flop médiatique de mauvais augure pour l’unité du PS

Reproduction de mon article paru sur Agoravox le 07 juillet 2011:


Tuant le souvenir du père refusant le combat présidentiel, Martine Aubry s’est lancée dans la primaire socialiste il y a tout juste dix jours. Avec en secret l’espoir d’emporter toutes les hésitations excitant dans le parti et l’opinion publique, condition pour enclencher une irrésistible dynamique de victoire. Mais plus d’une semaine plus tard force est de constater que le pari semble raté. Avec in fine pour le PS le risque exacerbé de sa division tant est évident le danger d’une primaire se jouant à couteaux tirés.

 
L’actualité a souvent ses cruautés de traitement et ses hasards.
Car qu’on en juge : Annonce de la candidature Aubry aux primaires le mardi 28 juin 2011 à 11h20. Election de Christine Lagarde à la tète du FMI le mercredi 29 juin à 19h30.
Avec au passage pour l’Elysée un beau coup médiatique d’avoir l’ouverture des journaux télévisés, surtout celui de TF1 qui en fit son premier titre, sur cette réussite de la diplomatie élyséenne.
Mais surtout une catastrophe pour le PS et le camp Aubry qui n’aura tenu le haut du panier médiatique qu’une petite trentaine d’heures.
Or les spécialistes de la prospective électorale ou « sondagière » avait prévenu : la condition pour qu’Aubry repasse franchement devant Hollande dans les intentions de vote pour les primaires repose sur l’effet d’entrainement que l’annonce de sa candidature susciterait. Un malheur ne venant jamais seul les évolutions récentes dans l’affaire DSK (possible acquittement puis plainte dans l’affaire Tristane Banon) ont fini de totalement noyer l’annonce de la candidature Aubry.
Alors que les vacances s’annoncent il est évident que le problème n’ira qu’en s’aggravant pour l’actuelle maire de Lille.

Des risques de division augmentés 

Plus récemment une nouvelle anicroche est venue complexifier la candidature Aubry : la « famille strausskahnienne » ne s’est ralliée à elle que minoritairement (Cambadélis se déclarant explicitement pour sa candidature et Pupponi se rapprochant discrètement d’elle). De plus qui se souvient que Delanoe lui a apporté son soutient ?
De quoi convaincre le camp Hollande de l’entièreté de ses chances pour la victoire finale. 
De quoi surtout exacerber les divisions dans le parti. Ce qui ne devait être qu’une primaire d’enregistrement dans l’hypothèse de la candidature Strauss-Kahn et qui pouvait encore être tel dans l’hypothèse d’une candidature Aubry réussissant son entrée dans la campagne, s’apparentant de plus en plus à une machine à perdre pour le parti de la rose.
C’est l’Elysée qui s’en réjouit, même si coté de la rue du Faubourg Saint-honoré on continue à jouer Aubry pour la victoire finale à l’investiture socialiste. Oui mais dans l’hypothèse où elle gagne dans quel état sera la première secrétaire socialiste au sortir d’une primaire qui s’achemine doucement vers le petit meurtre entre amis ?

Grégory VUIBOUT (le 07 juillet 2011)

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