Regard citoyen sur l'actualité
Lectures critiques et subjectives

mercredi 28 septembre 2011

Le très bon dernier roman de Laura Kasischke




Auteure majuscule pour les trentenaire américains, Laura Kasischke revient avec un nouveau roman tout aussi brillant de réalisme que ses précédentes productions.
En effet après Suspicious et La vie devant ses yeux, Laura Kasischke, par ailleurs poétesse et enseignante, revient avec un roman qui prend , cette fois-ci? pour cible un monument de la culture américaine: la vie sur les campus américain et ses moeurs particulièrement licencieuses, concurrentielles, cruelles et élitistes.
Comme toujours chez Kasischke il en ressort une dénonciation toute en nuance de ce qui se cache d'implicite derrière les façades les plus propres, en apparence, de l'american way of life.


Voir le livre sur le site de l'éditeur:

http://www.christianbourgois-editeur.com/fiche-livre.php?Id=1272

Critiques du livre:

 http://www.telerama.fr/livre/lecture-les-revenants-de-laura-kasischke,72585.php

http://www.evene.fr/livres/livre/laura-kasischke-les-revenants-45088.php

http://toutelaculture.com/2011/08/les-revenants-laura-kasischke-plonge-dans-les-limbes-des-sororites-des-campus-americains/

Voir le livre sur Amazon:

http://www.amazon.fr/revenants-Laura-Kasischke/dp/2267022117

mardi 27 septembre 2011

Comment les résultats des sénatoriales servent la candidature Hollande

Nouvel article Come4news:



Tout a été dit, ou presque, sur les enseignements des dernières sénatoriales. Le désaveu pour Nicolas Sarkozy, la conséquence logique d’un parti présidentiel ayant perdu toutes les élections intermédiaires depuis 2007. Et pourtant reste une question : celle de l’incidence de ces sénatoriales sur la primaire PS à venir. Et là c’est avantage Hollande, assurément.
Tous les leaders socialistes ont prévenu : les sénatoriales 2011 ne sont qu’un tour de chauffe à la présidentielle de 2012. Comprenons : victoire en septembre égale victoire en mai.

A tel point que, poursuivant sur cette lancée, certains n’hésitent pas à croire que cette victoire pourra intéresser davantage de potentiels électeurs à la primaire à venir. Sentant le souffle de la victoire de la gauche d’éventuels abstentionnistes de la primaire s’impliqueraient davantage dans les jours à venir. Pourquoi pas !
Incitation à l’optimisme ? Oui à coup sûr. Excès d’optimisme pour un parti qui se croit vainqueur avec d’avoir combattu ? Ca le PS devra s’en méfier. Car un problème se pose au sortir de ces sénatoriales : celui de la spécificité du mode d’élection et du corps électorales ayant dessiné cette victoire de la gauche. Car les sénatoriales sont des élections où votent les grands électeurs et ce de façon obligatoire. Deux différences majeures avec la présidentielle.


Lire la suite sur Come4news:


http://www.come4news.com/comment-les-resultats-des-senatoriales-servent-la-candidature-hollande-61594

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http://www.lepost.fr/article/2011/09/26/2598807_ali-saleh-revient-comme-si-de-rien-n-etait_1_0_1.html

vendredi 23 septembre 2011

Quand le 11 septembre inspire la littérature

            

Il y a tout juste douze jours les Etats-Unis célébraient le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.
Dans l'intervalle nous avons eu le temps de rassembler nos plus récentes lectures et ainsi faire un rapide tour d'horizon littéraire sur la question.
Petit panorama, donc, de la littérature américaine récente qui s'inscrit dans la référence à ce mardi 11 septembre 2001:

Parmi les plus illustres:

L'homme qui tombe; Don DeLillo; Acte Sud, 2008.

Le Crépuscule des superhéros (recueil de nouvelles), Déborah Eisenberg, l'Olivier, 2009.

Samedi, Ian McEwan, Gallimard, 2006.

La Vie est belle, Jay McInerney, L'Olivier, 2007.

Terroriste, John Updike, Seuil, 2008.

Parmi les auteurs non-américains de nationalité ou d'origine:

Open City, Teju Cole, Random house, 2011

L'intégriste malgré lui, Mohsin Hamid, Denoel, 2007.

Les enfants de l'Empereur, Claire Messud, Gallimard, 2008.

Parmi les romans non-traduits:

Harbor, Lorraine Adams, Alfred A. Knopf, 2004.

There's a Road to Everywhere Except Where you Came From, Bryan Charles, Gove Press, 2010.

Pour aller plus loin voir les sites de certains auteurs:

http://lorraineadams.net/

http://bryancharles.noslander.com/

http://www.tejucole.com/

http://mohsinhamid.com/

http://www.ianmcewan.com/

mercredi 21 septembre 2011

Au plus près de ses bourreaux

  



Dix après l'énorme succès de Portail, dans lequel il racontait sa captivité chez les Khmers Rouges, François Bizot réitère la terrible expérience d'en raconter les enseignements.
Encouragé par son ami, l'écrivain Antoine Audouard, François Bizot a donc trouvé la force de donner une suite à son premier témoignage sur la question.
Il le fait par le biais d'un livre extraordinaire: Le Silence du Bourreau.
Lui, l’ethnologue de formation, s'attache cette fois-ci à cette chose très particulière: les raisons qui poussent un génocidaire à agir. S'en suit un chapelet de questions presque existentielles: l'humain est-il encore derrière le monstre qui torture? Et si oui comment peut s'expliquer le plaisir et la facilité d'un tel retrait?
Dans la réalité Bizot échappera à la mort  sur intervention de Douch, lui même. Près de quarante ans après cette quasi grâce Bizot ne comprend toujours pas la clémence de cet homme pour qui "torturer (...) n'était rien d'autre que mettre l'ardeur de son engagement en pratique.", comme il l'explique.
Lui qui doit sa vie à un homme coupable de la mise à mort de centaines de milliers d'autres s'aventure donc, avec ce livre, dans les méandres de cette drôle de question.
On découvre, alors, comment il a pu survivre à une telle épreuve. C'est toute l'ambition réussie de ce livre qui se donne comme un témoignage personnel nous amenant sur les pas de l'auteur rendant visite à Douch, lui même, en attente de son procès en 2009.
Étrange proximité rendue nécessaire pour réussir à mener à bien ce troublant exercice en compréhension littéraire.
Le contenu des annexes laissées en appendice rend presque bizarrement compte de cette paradoxale proximité. On peut, en effet, lire les six feuillets manuscrits sur lesquels Douch, lui même, offre sa lecture critique du livre Portail, au travers duquel Bizot avait déjà fait part de son expérience concentrationnaire.

Le Silence du Bourreau sur le site de l'éditeur:

http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=40892&levelCode=litterature

Critique du livre:

http://www.decitre.fr/livres/Le-silence-du-bourreau.aspx/9782081243163

http://www.franceculture.com/oeuvre-le-silence-du-bourreau-de-francois-bizot.html

Acheter le livre:

http://www.alapage.com/m/ps/mpid:MP-0C22AM5966975#moid:MO-0C22AM9299648

http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2081243164/editionsflamm-21

http://livre.fnac.com/a3609489/Francois-Bizot-Le-silence-du-bourreau

DSK entre mine défaite, texte récité et fleur au fusil

Nouvel article Agoravox:


Le moment de vérité promettait d’être sincère jusqu’à l’improbable. Au lieu de ça l’interview de l’ex directeur du FMI a donné lieu à un troublant exercice de marketing pour une reconquête politique de plus long terme.

Les gesticulations verbales des premiers défenseurs de la cause strauss-khanienne (Le Guen sur LCI, Sabban sur itélé, Taubman sur BFMTV), n’auront fait qu’accréditer l’impression laissée béante dès l’interview de Dominique Strauss-Khan achevée : l’homme fut assurément en posture de reconquête politique.
A cela plusieurs arguments de bon sens :
1) Tout d’abord la forme implicite du propos. Dominique Strauss-Khan visait le ressentit sentimental dans ses propos. Il devait donner l’image d’un être de principe et d’émotion dans ce qu’il avait à raconter. Seule solution viable pour réparer les dégâts sur son image de ces quatre derniers mois. En effet quoi de plus réparateur que le parlé vrai une petite larme au coin des yeux ? C’est d’ailleurs pour ça qu’il lui fallait le 20 heures, moment parmi les plus fédérateurs au sein du P.A.F.

Lire la suite sur Agoravox: 
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/dsk-entre-mine-defaite-texte-100969

mercredi 14 septembre 2011

Un livre indispensable pour comprendre le 11 septembre 2001

     

Les éditions du Sous-sol viennent de faire paraitre un livre admirable : American Ground.

L’auteur est assez connu.  Il s’agit de William Langewiesche, ancien correspondant international à The Atlantic Monthly. Si ce livre est fort c’est que son auteur est le seul journaliste à être entré dans le quartier de ground zéro dans les heures et les quelques jours qui ont suivi la chute des deux tours.

Il en sort un témoignage étonnant de sincérité, où on découvre des secours totalement désorganisés, des hommes travaillant au déblaiement sans la moindre protection dans une désorganisation qui, parfois, les pousse à se battre entre eux.

Ces hommes étaient, bien souvent, des gens issus des groupes ethniques typiques de N.Y., souvent d’origine ouvrière, travaillant dans un chaos et une rivalité surprenante.

Car là est le mérite de ce livre ; il montre l’envers du décor de ce mythe voulant que tous les américains aient vécu dans la plus parfaite des unanimités l’immédiat après 11 septembre.

Langewiesche montre des pompiers méprisants, et traitant tout autre corps de métier que le leur (par exemple les ingénieurs, souvent étrangers, venus aider au déblaiement) avec un méprit confondant. Lorsqu’ils découvrent un cadavre de pompier ces derniers lui font presque un haie d’honneur réservant aux autres cadavres un semblant d’attention.

Les pillages sont aussi monnaie courante chez les secours arrivés pour les premiers déblaiements. L’auteur montre des hommes récupérant vêtements, ordinateurs ou toutes autres choses qu’ils vont chercher dans les bâtiments abandonnés.
Bref, comme le dit l’auteur, il donne à voir une « anarchie créatrice » singeant l’individualisme américain et son esprit d’entreprise. C’est pour ça, pour ce moment de communion paradoxal mais tout de même historique, que l’auteur a appelé son livre « American Ground ».



                               http://www.mtexpress.com/index2.php?ID=2005136374

mardi 13 septembre 2011

Les cinq raisons de la stagnation aubryiste

Mon nouvel article paru sur Come4news:


Toujours en retard par rapport à François Hollande dans la course à la primaire, Martine Aubry ne parvient toujours pas à enclencher le mouvement qui lui serait nécessaire pour inverser la tendance. A cela, vraisemblablement cinq raisons qui sont autant d’inquiétudes à venir quant à ses chances réelles pour l’emporter.

 La multiplication des petites phrases et des dénis n’y change rien. Martine Aubry peine à trouver le rythme et la dynamique qui lui seraient nécessaires pour combler son retard sur François Hollande.

Les couacs et les moqueries concernant le peu d’entrain de sa campagne fonctionnant, eux, comme une vraie dynamique, mais déclinante et baissière pour l’ancienne ministre du travail et des solidarités sociales.
Mais cinq raisons sont, plus spécifiquement, à avancer pour expliquer cette panne d’entrain :

1) 
Tout d’abord une campagne adossée à une crise économique et sociale allant en s’aggravant et se précisant. Contexte exigeant des candidats qu’ils fassent preuve d’une réelle réactivité, voire d’une incontestable capacité d’improvisation, au moins jusqu’à un certain point. Contexte de campagne où toute logique de plan de campagne est difficile à tenir. Or il semble y avoir, là, un fait avantageant François Hollande et Ségolène Royal, plus à l’aise, surtout en ce qui concerne la seconde, lorsqu’il s’agit de suivre un rythme imposé et soutenu.



La suite sur Come4newshttp://www.come4news.com/les-cinq-raisons-de-la-stagnation-aubryiste-561783

lundi 12 septembre 2011

Université d’été du PS : les six enseignements à retenir

Article refusé par agoravox:


Le parti socialiste dit sortir renforcé de ses universités d’été 2011. Au constat des six enseignements à en tirer la réalité semble un tant soit peu plus ambivalente et risquée pour le parti. 

Closes ce dimanche soir les universités d’été du PS qui se sont tenues à la Rochelle abondent en enseignements quant à l’avenir du parti.
A tout bien considérer ils sont au nombre de six :

1)  La proximité idéologique entre François Hollande et Martine Aubry allant en se confirmant ; et ce malgré les postures d’apparence, inhibe chacun d’entre eux. En effet il semble que toute parole de l’un au sujet de l’autre fasse encourir à chacun d’eux le risque de son propre défaut de crédibilité. Preuve d’un débat interne au parti qu’on a tout intérêt à circonscrire, au moins pour François Hollande. Vu son retard en intention de vote Aubry le souhaite moins.

2) A l’avenir les deux favoris adopteront la posture qui va avec ce premier point. François Hollande a commencé à s’afficher en mitterrandien mimétique lorsqu’il cherche à s’élever au dessus de la mêlée tout en faisant implicitement campagne sur le fait qu’il peut être celui qui battra Nicolas Sarkozy. Martine Aubry, elle, dit souhaiter « changer la société » sans trop y mettre plus de précisions. Invocation rappelant le « changer d’avenir » dentant par laquelle elle tente d’enclencher la dynamique qui lui permettrait de définitivement lancer sa candidature ; après son annonce ratée du 28 juin et l’éclipse qui fut longtemps la sienne derrière DSK.

3) Ségolène Royal a certainement raison de faire montre de la plus déconcertante des certitudes quant à ses chances réelles de l’emporter. Déjà parce qu’en politique la prime va souvent aux plus combattifs, ensuite parce qu’elle sera, très probablement, la faiseuse de roi. En effet une Royal au dessus des 13 à 14% décidera, certainement, de l’issue finale de la primaire.

4)  En revanche les autres outsiders semblent définitivement largués. Car triste enseignement de ces universités d’été : les candidats les plus singuliers sont ceux qui ont le moins de chance de l’emporter. Preuve de deux choses. Tout d’abord d’un parti à la ligne idéologique implicite sur laquelle naviguent les trois premiers des sondages, et ce au risque d’un débat d’apparence à venir. Ensuite se pose la question du véritable statut idéologique d’Arnaud Montebourg et De Manuel Valls. Michel Onfray a ainsi certainement raison d’affirmer que le premier est le « seul candidat socialiste » engagé dans cette primaire, tout en jugeant le second déjà bien trop déporté vers sa droite pour réellement pouvoir apparaitre pour tel. Quant à la candidature de Jean-Michel Baylet ne confine-t-elle pas au symbole ?

5) Vu l’état de proximité programmatique entre les trois favoris la décision quant à ce qui les dissociera pourrait venir de l’extérieur, en particulier d’éventuels ralliements d’entre-deux-tours de présidentielle. Le front de gauche est ici à regarder. La préférence avouée de Jean-Luc Mélenchon pour Martine Aubry lors des universités d’été du front de gauche à Grenoble apparaissant comme une spécificité de la candidature Aubry.

6)  La page DSK semble bel et bien tournée au PS, au moins pour le moment. Preuve en est cette initiative commerciale en forme d’acte manqué. Il était possible lors de ces universités d’été d’acheter une biographie de Dominique Strauss-Khan, comme tout bon militant l’a, un jour, fait pour Jaurès, Mayer, Blum ou Mitterrand. 

Bref autant de constats pour une conclusion regrettable : on est encore loin au PS du parti en ordre de marche près pour la bataille et le débat sans tabou ni réticences.
Mais en est-il possible autrement sachant qu’au sein de tous les partis existent des rivalités, d’autant plus exacerbées que l’on sent s’approcher le moment des prochaines élections.

 
 
 
 
Grégory VUIBOUT le 29-08-2011

vendredi 9 septembre 2011

UMP, jusqu’ici rien ne va plus !

L’actualité récente l’atteste : l’UMP montre chaque jour un peu plus des signes de très graves lézardes internes. A tel point que pourrait s’inverser la logique de division interne profitable au camp opposé qui, tant de fois, fut le propre du parti socialiste. Mais à vivre ainsi l’UMP prend certes le risque de la défaite pour 2012, mais elle atteste, surtout, d’un échec à exister en tant que parti viable de plus en plus patent.

Les récents propos de Pierre Charon au sujet de Chantal Jouanno ont créé la polémique non pas tant pour ce qu’ils contenaient de violence propre à la l’acte politique que pour ce qu’ils sous-entendaient de graveleux ou de malhonnête.
Mais derrière les propos « d’un mec bien et drole qui a, sur ce coup là, été trop loin », comme le dit Eric Raoult, se cache un malaise bien plus profond : celui des divisions de plus en plus béantes à l’intérieur de l’UMP.
Car Charon tenait ses propos en réponse à la liste dissidente qu’il présente à Paris pour les prochaines sénatoriales.  Cette option répondant à l’initiative du sénateur sortant des Hauts-de-Seine, Jacques Gautier, lui aussi momentanément exclue de l’UMP pour avoir monté une liste dissidente dans son département.
Il y a moins de quatre mois certains des plus modérées du parti, Rama Yade et Yves Jégo, s’excluaient du parti pour se lancer dans la vraie-fausse velléité d’indépendance de Jean-Louis Borloo.

Un parti en prise avec ses divisions internes

Preuve d’un UMP accélérant sa déliquescence sous les prises de position de plus en plus droitière de son secrétaire générale Jean-François Coppé. Les failles sont devenues tellement nombreuses qu’on peut même voir, de l’extérieur, les différentes forces en présence à l’œuvre dans cette guerre civile, sourde et violente, qui se déchaine chaque jour un peu plus.
D’un coté la frange conservatrice dite « populaire » qui rejoignent souvent les « copéistes » de « Génération France ». Face à eux des franges moins droitières qui se piquent d’un peu de social et d’humanisme. Citons, par exemple, Xavier Bertrand ou François Fillon, mais citons surtout les jeunes loups que sont Laurent Wauquiez et Nathalie Kasciusko-Morizet.
Penchant pour les rivalités, le débat et l’affrontement des idées propre à n’importe quel parti ? Oui, à coup sûr. Mais, en ce qui concerne l’UMP il s’agit surtout d’un retour du refoulé et d’un rappel à l’évolution inéluctable des choses.
Le refoulé c’est celui d’un parti dont Nicolas Sarkozy lui-même ne voulait et qu’il a fini par prendre en main pour l’instrumentaliser à son propre avenir. Retirez à l’UMP le contexte possible de son unité ; c’’est à dire le cadre d’une campagne électorale où il faut faire triompher le chef, et le parti se retrouve comme contraint d’exister à vide. Preuve d’une suite de tensions à l’UMP au moins autant le fait des jeux d’égo que du fait d’être à quatre ans de leur dernière victoire présidentielle et à un an de la prochaine élection.
L’inéluctable c’est celui d’un parti construit en réponse aux divisions inhérentes de la droite française, tel que René Rémond l’avait théorisé. Mais l’inéluctable c’est aussi les conséquences de la gestion du parti par l’actuelle direction. Jusqu’à très récemment la ligne idéologique du parti convenait à toutes les tendances ; qu’elles soient libérales, radicales, centristes, voire « néo-gaulliste ». Entente que la ligne coppéiste, obsédée par son affrontement avec Fillon et la présidentielle de …2017 semble ne plus tenir pour impérative.
En attentant le FN attend, tapi dans l’ombre, l’explosion de la droite pour tacher de récupérer les éléments les plus droitiers et « fn-compatibles » de l’UMP. C’est en tout cas le grand espoir de Bruno Gollnich et Marine Le Pen.


Grégory VUIBOUT le 08-09-2011

Candidature Aubry : un flop médiatique de mauvais augure pour l’unité du PS

Reproduction de mon article paru sur Agoravox le 07 juillet 2011:


Tuant le souvenir du père refusant le combat présidentiel, Martine Aubry s’est lancée dans la primaire socialiste il y a tout juste dix jours. Avec en secret l’espoir d’emporter toutes les hésitations excitant dans le parti et l’opinion publique, condition pour enclencher une irrésistible dynamique de victoire. Mais plus d’une semaine plus tard force est de constater que le pari semble raté. Avec in fine pour le PS le risque exacerbé de sa division tant est évident le danger d’une primaire se jouant à couteaux tirés.

 
L’actualité a souvent ses cruautés de traitement et ses hasards.
Car qu’on en juge : Annonce de la candidature Aubry aux primaires le mardi 28 juin 2011 à 11h20. Election de Christine Lagarde à la tète du FMI le mercredi 29 juin à 19h30.
Avec au passage pour l’Elysée un beau coup médiatique d’avoir l’ouverture des journaux télévisés, surtout celui de TF1 qui en fit son premier titre, sur cette réussite de la diplomatie élyséenne.
Mais surtout une catastrophe pour le PS et le camp Aubry qui n’aura tenu le haut du panier médiatique qu’une petite trentaine d’heures.
Or les spécialistes de la prospective électorale ou « sondagière » avait prévenu : la condition pour qu’Aubry repasse franchement devant Hollande dans les intentions de vote pour les primaires repose sur l’effet d’entrainement que l’annonce de sa candidature susciterait. Un malheur ne venant jamais seul les évolutions récentes dans l’affaire DSK (possible acquittement puis plainte dans l’affaire Tristane Banon) ont fini de totalement noyer l’annonce de la candidature Aubry.
Alors que les vacances s’annoncent il est évident que le problème n’ira qu’en s’aggravant pour l’actuelle maire de Lille.

Des risques de division augmentés 

Plus récemment une nouvelle anicroche est venue complexifier la candidature Aubry : la « famille strausskahnienne » ne s’est ralliée à elle que minoritairement (Cambadélis se déclarant explicitement pour sa candidature et Pupponi se rapprochant discrètement d’elle). De plus qui se souvient que Delanoe lui a apporté son soutient ?
De quoi convaincre le camp Hollande de l’entièreté de ses chances pour la victoire finale. 
De quoi surtout exacerber les divisions dans le parti. Ce qui ne devait être qu’une primaire d’enregistrement dans l’hypothèse de la candidature Strauss-Kahn et qui pouvait encore être tel dans l’hypothèse d’une candidature Aubry réussissant son entrée dans la campagne, s’apparentant de plus en plus à une machine à perdre pour le parti de la rose.
C’est l’Elysée qui s’en réjouit, même si coté de la rue du Faubourg Saint-honoré on continue à jouer Aubry pour la victoire finale à l’investiture socialiste. Oui mais dans l’hypothèse où elle gagne dans quel état sera la première secrétaire socialiste au sortir d’une primaire qui s’achemine doucement vers le petit meurtre entre amis ?

Grégory VUIBOUT (le 07 juillet 2011)